Développeurs Web, quel avenir?

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Une extrapolation libre de la loi de Moore appliquée au monde du web

Développeur Web, un métier né il y a moins d’une vingtaine d’années. Aujourd’hui omniprésent dans nos vies, et à l’aube de l’Internet des objets, ce dernier a encore de beaux jours devant lui.

Il y a une quinzaine ou vingtaine d’années, le contexte technologique du développement Web était différent. La diversité des types de périphériques connectés était plus réduite, les fonctionnalités offertes étaient moins complexes et les compétences requises pour développer un site Web étaient donc moins nombreuses. Un métier est né sous le nom que nous lui donnons aujourd’hui : l’intégrateur Web, un expert du langage HTML mettant au point les sites peuplant la toile mondiale.

Le CSS offrait encore peu de choix pour une présentation complète et supportée par la majorité des navigateurs. Les technologies et le contexte ont beaucoup évolué, transformant complètement le travail de l’intégrateur Web qui s’est mué peu à peu en un « développeur front-end ».

Aujourd’hui, ce développeur possède de nombreuses compétences. Il maîtrise au minimum les technologies HTML, CSS et Javascript. Il se doit d’anticiper les propositions et les évolutions d’un site internet.

Mais quel est son futur ? Que lui réserve l’Internet de demain ?

Revenons d’abord sur quelques faits démontrant l’évolution des technologies à travers leur évolution propre mais également à travers les tendances d’utilisation.

En simplifiant la loi de Moore, on sait que la puissance des ordinateurs double tous les deux ans, et avec une fréquence tendant plutôt vers les 18 mois. En extrapolant un peu cette loi et en l’appliquant au monde du Web on constate que l’Internet d’aujourd’hui est bien plus étendu et présent dans notre monde qu’il ne l’était il y a seulement 4 ans.

 

Fait 1 : Le nombre de périphériques connectés a considérablement augmenté et leur utilisation s’est étendue à de nombreuses possibilités.

Frédéric Cavazza nous fait d’ailleurs, chaque année depuis 2011, un panorama des différents terminaux connectés (ndlr. Panorama des terminaux alternatifs 2015 – FredCavazza.net)

 

2011
Reprise des graphiques de Fred Cavazza

2015
Reprise des graphiques de Fred Cavazza
 

On remarque une évolution du type de terminaux et du type d’usage. Les montres intelligentes restants les plus répandus et les plus polyvalents à l’heure actuelle.

En regardant également les chiffres du IDG Global Mobile 2014 Survey, on constate une augmentation non négligeable de l’utilisation des périphériques mobiles et connectés dans tous les aspects de notre quotidien, et ce même au travers des générations.

 

Fait 2 : l’utilisation des données connectées prend plus d’ampleur au fur et à mesure des générations.

Un autre fait qui reste bien connu de tous les développeurs “front-end”, la multitude des tailles d’écran tend à rendre nos travaux flexibles au moindre détail. Et l’arrivée des objets connectés, et notamment des smartwatches (montres intelligentes) et des smart TVs (télés connectées) pour ne citer que les plus récents, ne va rien arranger. Internet évolue et pour une question de coût, le développeur “front-end” va devoir s’adapter pour accompagner son entreprise et ses clients à sortir du simple site web. Il va devoir se transformer en développeur multi-plateformes.

Pour cela il va devoir prendre en compte l’accessibilité, optimiser les performances, rendre la structure modulable selon différents contextes, faire en sorte que le rendu soit optimisé quelque soit le terminal utilisé. Bien que la majorité de ces exigences soient déjà d’actualités quelque soit le domaine de développement, elles vont devenir de plus en plus importantes en ce qui concerne le développement de la toile. Une veille technologique est dorénavant indissociable d’un profil de développeur ayant de l’avenir dans le milieu.

On remarque une chose depuis quelques mois, voire années, les langages utilisés aujourd’hui sur le développement “front-end” deviennent de plus en plus universels. La preuve en est l’utilisation des applications hybrides depuis l’apparition du HTML5 / CSS3 couplés au Javascript. En utilisant une technologie exclusivement pour le web lié à un langage de “transition”, nous arrivons à créer des applications pour des terminaux spécifiques. On peut retrouver aujourd’hui l’utilisation de ces technologies dans les montres connectées, les télés connectées ou encore les “Google Glass” (lunettes connectées par Google).

Néanmoins cette ouverture cache un retour du bâton qui est qu’un grand nombre de librairies et de “frameworks” émergent chaque année, et apprendre à les utiliser au bon moment va vite devenir un pré-requis. Le développeur multi-plateformes va devoir être très polyvalent.

Néanmoins, un développeur ne peut être expert de tous ces nouveaux “frameworks” et ainsi les spécialisations seront toujours aussi importantes, il faudra choisir la bonne combinaison pour être compétitif sur le marché à venir.

Quel avenir?

Le développeur “front-end” va donc devoir sortir de sa zone de confort et évoluer. Sa transformation le mènera vers de nombreux défis à la fois techniques et humains. Son coeur de métier va être fusionné de plus en plus avec celui du développeur “back-end” pour ne former qu’un métier polyvalent et capable de s’adapter à toutes les exigences des technologies de demain.

Toutefois, le développeur multi-plateformes ne sera pas le couteau suisse idéal à toute entreprise, une équipe complète sera toujours plus équilibrée et novatrice. Nous y retrouverons notamment un ou des experts de la “Big Data” pour exploiter au mieux cet Internet des objets qui commence à voir le jour.

 

Note : Cet avenir n’est que la vision de l’auteur de cet article suite à une recherche menée pendant ces dernières années et son expérience personnelle.

 

Sources